En lune tu verras l'éclampsie de mes traits
Fatigués de mes tristesses sans conséquences
En l'onde sale de la Seine d'amours distraits
Tu me trouveras fidèle en conséquence
Night and Day de l'eau pleine de solitude
Où disparaît ton absence impitoyable
Et au profit de toutes mes inquiétudes
Je me noie de toi
avril 1991
Je suis un déchu, un famélique
Rien qu'un bord de scène un peu unique
Je ne suis plus rien, rien que quelques maux
Quelques paroles sans influence de mots
Rien qu'un trouvère de rêves déçus
Un épigone de rechange qui sue
Le vide...
mai 1991
Ah! Tendrement enlacé avec moi-même,
Je dis que j'ai foulé ma vie de mes pieds
Et sans indulgence ni même épithème,
Je vois mon triste sort d'amant estropié
Je suis inique et si cynique de parjure
Inassouvi et sans entrain, train quotidien
De méchanceté avec moi-même, je me jure
Des tas d'actes contrariés qui me vont bien...
août 91
Je ne puis saisir à chaque instant
Ton image en rupture de Seine
Je suis si loin de toi maintenant
Engoncé d'un ciré sans peine
A voguer ferme, maugréer du vent
Dans mon errance de l'éprouvant
Je ne quitterai pas des yeux la nuit
Où ton visage doux m'harangue
De passion étanche qui me nuit
Mais la paix niche où l'amour tangue;
Je t'attendrai longtemps...
septembre 1991
Poème hermétique premier
Loin de mes tentations décharnées
Verse l'eau à qui veut l'entendre
Plus pacifique que toute armée
Je ceins les corps pour les étendre
Je suis légion de la richesse
A qui me croit de toute passion
Je suis le fleuve de la tristesse
A qui me quitte sans oraison
Appelant le temps à mon secours
Ramenant la vie au juste prix
De cette arcane au décent recours
Qu'un très étroit donjon m'a appris...
décembre 1991
Poème hermétique second
A peine perdu, l'année zéro, j'ai marché
Longtemps devant
De mon pas, oubliant l'humain pour quelques temps
Dans mon désert
Baigné de solitude identique à ma vie
Fatidique
décembre 1991
En artiste
Je me sens pourchassé par le vide
M'oubliant un instant je m'évide
De faconde pathétique et triste
Abandonné de tous en artiste
février 1992
Déjà, au loin, maintenant
Égaré, seul, d'un seul tenant
Sourd de désirs ankylosés
A mon amour, en qui l'oser ?
Force de passions latentes,
Mes attentes et mésententes
Et mes déchets d'échéance;
Je me meurs en vague errance.
mai 1992
Malgré tout l'effort que je ne pourrais faire
Arrimé là dans ma vie qui ne rime à rien
Réanimé tel ce noyé du cambrien
Insolant dans mon désir de solitaire
Niant ta présence d'un regard en terre
Espérant que tu ouvres tes bras de mère
juillet 1992
Là, je me sens érigé de bons sentiments
Oubliant la folie des passions abrégées,
Les distances de la vie et du devenir,
Lointain soupir d'espoirs déçus de l'avenir
Là, je me sens presque bien dans ma peau d'humain
Noircie par le temps et les tristes lendemains
De l'alcool futile et les baisers du goulot,
Ratiboisé d'idées, les pensées au rouleau
Là, je me sens comme alésé sur mon séant,
Un peu castré de mon embout, comme égaré
Dans l'observation rigoureuse de mes nuits
Limpides à dormir tranquille d'un sommeil d'ennui
septembre 1992
Poème hermétique troisième
Dans l'impatience des temps immémoriaux
Je me suis retrouvé là volubile, à observer à contrario
L'épilepsie du mal dans la pénurie
Le monde famélique à posteriori
Tel un triste gueux goguenard en goguette
Me moquant de la faim ou de la disette
Sûr de mes richesses intérieures, parvenu,
D'un ego sans fin et d'un savoir prétendu.
novembre 1993
Mondanités
Apparition et paralysie notable
De mes sens étirés et si bien pressentie,
Les conversations autour des ronds de table,
Mains mainte fois serrées, buffet sans appétit
Suavitude des ignorances mondaines
Et parler, parler pour exister fredaine...
juin 1994
Posté le 19/11/2005 à 10:05:12 (
id:7928)
La vie s'insère d'ossements
Pourtant tu restes là
A caresser le temps
Comme une femme infidèle
Un enfant turbulent
Et tu ne seras plus
Qu'un amas de viscères
Ou qu'un tas de printemps
Et tu ne sauras plus
De quoi la vie s'insère
Ou pourquoi la vie ment
Pourtant tu restes las
Si proche de la misère
Et que la mort t'attend
Alors tu iras doucement en ossements...
mars 90
Regarde le temps qui passe
Qui lentement m'efface
De la vie, de la terre,
Des envies délétères.
Regarde sombrer les filles
Les natures, les vanilles,
En fleurs à prétention,
En femmes de décision.
Regarde souffler le vent
Vers le vide évident
Des laideurs du monde
De l'art ; gens immondes.
Regarde je disparais
Vers la mort, vers l'arrêt
De tous mes rêves d'enfants
juillet 90
Mensonge
Et puis quand j'ai fermé les yeux
J'ai trouvé le monde si petit
De son égoïsme insidieux
Ainsi Dieu nous aurait menti
juillet 90
Posté le 03/12/2005 à 18:50:01 (
id:9529)
Quand tout aura disparu, il ne restera plus que des lésions d'ions lourds de désillusion et quelques vagues photons jaunis par le temps passé, un amas d'ondes sales parti dans l'espace...
Décembre 2005
Posté le 18/12/2005 à 10:59:30 (
id:11911)
Qui sait ce qu'est l'amour ?
Une peinture de Carola Lepe
Qui sait ce qu'est l'amour
Des tours sur tes pourtours
Envie de dimanche
De voir tes dents blanches
Attendre un signe
De toi qui m'assignes
Qui pourrait m'ordonner
Obéir à ton nez
M'allonger à t'épier
Supputer et prier
Qui sait que l'amour par essence
Brûle le ridicule dans l'espérance.
Janvier 2006
Posté le 18/01/2006 à 14:12:39 (
id:16924)
Chili comme calme ou en avant la tempête ! (de joie)
C'est ainsi et pas autrement
Amitié ou amour voilé,
Récalcitrant en vérité
Omniprésence qui mal y pense
Libre uniquement en désir
Attendant ta sauvagerie.
Novembre 2005
Posté le 18/01/2006 à 15:23:59 (
id:16981)
Le temps t'attendait
Revenir sur tes pas
Patentés pas tentés.
Patati et patata...
Les devins devinaient
Les mauvais mots vains.
Mars 2006
Posté le 18/03/2006 à 11:55:45 (
id:30477)